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On me demande souvent : « Combien de temps pour créer une toile ? »
Comment naît une Œuvre chez artbyabd la réponse technique serait : quelques semaines. Le temps que les couches de peinture sèchent, que les superpositions se stabilisent, que l’huile fige les couleurs.
Mais la vraie réponse est différente. Une œuvre commence bien avant le premier coup de pinceau. Elle naît dans le silence. Elle mûrit dans l’observation. Elle se construit par fragments, parfois pendant des mois, avant que je ne touche un pinceau.
Aujourd’hui, je vous emmène dans les coulisses. Pas le processus technique de fabrication des éditions — ça, j’en parle sur ma page dédiée au processus de création. Non, ici je veux vous montrer comment naît une œuvre dans ma tête et sur ma toile.
Phase 1 : Le Silence
Tout commence par le silence.
Pas le silence comme absence de bruit — le silence comme espace mental. Un moment où je me déconnecte du monde extérieur pour écouter ce qui se passe à l’intérieur.
Ce silence peut durer quelques heures ou plusieurs jours. Je ne le force pas. J’attends qu’il vienne naturellement, souvent tôt le matin ou tard le soir, quand le monde autour de moi ralentit.
C’est dans ce silence que les premières images apparaissent. Floues d’abord. Des formes, des couleurs, des sensations plutôt que des idées précises. Un orange brûlé. Une silhouette de dos. Un horizon lointain. Des fragments qui flottent sans se connecter encore.
« Je ne cherche pas l’inspiration. Je crée le silence pour qu’elle puisse me trouver. »
Phase 2 : L’Absorption
Une fois le silence installé, je deviens une éponge.
J’absorbe tout ce qui m’entoure : un visage croisé, une lumière particulière sur un mur, une photo de famille ressortie d’un tiroir, un documentaire sur la savane, une conversation avec ma mère sur son enfance, un motif de tissu africain aperçu dans une vitrine.
Tout ça s’accumule. Se mélange. Fermente quelque part en moi sans que je cherche à organiser quoi que ce soit.
C’est une phase passive en apparence, mais essentielle. Je nourris mon imaginaire avec des matières premières brutes — des images, des émotions, des souvenirs — qui resurgiront plus tard, transformées.
Cette phase peut durer des semaines. Je ne la contrôle pas. Je fais confiance au processus.
Phase 3 : La Vision
Et puis un jour, ça arrive.
Pas comme un éclair — plutôt comme une image qui se précise lentement, comme quand on ajuste la mise au point d’un appareil photo. Les fragments épars commencent à se connecter. Une composition émerge.
Je vois le tableau avant de le peindre.
Pas dans tous ses détails — mais dans son émotion centrale. Je sais ce que je veux faire ressentir. Je sais quelles couleurs porteront cette émotion. Je sais quelle sera la structure générale.
C’est le moment où je commence à esquisser. Pas sur la toile encore — sur papier, sur mon téléphone, parfois juste dans ma tête. Je teste des compositions mentalement. Je superpose des éléments. Je cherche l’équilibre.
Pour « Métamorphose », par exemple, j’ai porté l’image en moi pendant plusieurs semaines avant de toucher un pinceau. Je savais que je voulais un visage en transformation, des éléments naturels qui fusionnent avec l’humain, une palette chaude traversée d’éclats de lumière. Le reste s’est construit sur la toile.
Phase 4 : La Préparation
Une fois la vision claire, je prépare mon espace de travail et ma toile.



C’est un rituel. Chaque élément a son importance.
La toile de lin est tendue sur châssis. Je prépare le gesso — cette couche blanche qui va recevoir la peinture. Je sélectionne mes pigments : les ocres, les oranges cadmium, les bleus outremer, les noirs profonds qui vont construire mes ombres.
Je dispose mes pinceaux par taille. Mes médiums pour la transparence. Mes pâtes de texture pour les reliefs.
Cette préparation n’est pas que technique. C’est une mise en condition mentale. Chaque geste me rapproche de la création. Quand tout est prêt, je suis prêt.
Phase 5 : Les Premières Couches
Le premier coup de pinceau est toujours le plus difficile.
La toile blanche est intimidante. Elle représente toutes les possibilités — et donc aussi tous les échecs potentiels. Il faut du courage pour poser cette première marque qui va définir tout le reste.
Je commence généralement par une couche de fond. Des teintes diluées qui établissent l’ambiance générale. Pas de détails encore — juste des masses de couleur, des zones d’ombre et de lumière.
Ma technique repose sur la superposition. Je travaille gras sur maigre — la règle de base de la peinture à l’huile. Les premières couches sont fines, diluées au médium. Les suivantes seront plus épaisses, plus texturées.
À ce stade, l’œuvre ne ressemble à rien de reconnaissable. C’est normal. Je construis les fondations.
Phase 6 : La Construction
Les jours suivants, je superpose les couches.
Chaque couche doit sécher avant la suivante — parfois 24 heures, parfois plusieurs jours selon l’épaisseur. Ce temps d’attente fait partie du processus. Il me permet de prendre du recul, d’observer ce qui émerge, d’ajuster ma vision.
C’est dans cette phase que les éléments apparaissent : le visage, les animaux, les paysages, les motifs. Je les intègre progressivement, couche après couche, comme des strates géologiques.
Les textures arrivent aussi. J’utilise des pâtes acryliques pour créer du relief — ces épaisseurs qui donnent vie à la toile, qui captent la lumière différemment selon l’angle. Les médiums apportent des jeux de transparence. L’huile unifie et sublime l’ensemble.
Je ne suis pas un plan rigide. L’œuvre me guide autant que je la guide. Parfois, un élément imprévu s’impose. Un animal que je n’avais pas prévu. Une couleur qui demande à exister. Je reste à l’écoute.
Phase 7 : Les Finitions
Vient un moment où l’œuvre est « presque » terminée.
C’est la phase la plus délicate. Savoir quand s’arrêter.
Je retravaille les détails : les yeux surtout — ils doivent vibrer, capturer quelque chose de vivant. Les lumières, les contrastes, les petits éléments qui font la différence entre une toile correcte et une toile qui respire.
Je prends du recul. Littéralement — je m’éloigne de plusieurs mètres pour voir l’ensemble. Je regarde l’œuvre à différentes heures de la journée, sous différentes lumières. Je vis avec elle pendant quelques jours avant de décider qu’elle est terminée.
Parfois, je crois avoir fini et je réalise le lendemain qu’il manque quelque chose. Parfois, je veux ajouter un détail et je comprends que ce serait trop. L’équilibre est fragile.
Phase 8 : Le Séchage et la Contemplation
Une fois les dernières touches posées, l’œuvre doit sécher.
La peinture à l’huile prend du temps — plusieurs semaines minimum pour un séchage complet. Pendant ce temps, je contemple. Je vis avec l’œuvre dans mon atelier. Je la regarde chaque jour.
C’est une période étrange. L’œuvre est terminée mais pas encore « partie ». Elle m’appartient encore totalement. C’est un dialogue silencieux entre elle et moi.
C’est aussi le moment où je décide si elle sera proposée en édition limitée. Toutes mes toiles ne le sont pas. Certaines restent uniques, destinées à un seul collectionneur. D’autres portent quelque chose d’universel que je veux partager plus largement.
Pour celles qui deviendront des éditions limitées, le processus technique commence alors — numérisation, calibration, impression. Mais ça, c’est une autre histoire, que je raconte en détail sur ma page dédiée au processus de fabrication.
Du Silence à la Toile : Le Résumé
Si je devais résumer mon processus en quelques mots :
1. Silence → Créer l’espace mental
2. Absorption → Nourrir l’imaginaire
3. Vision → Voir l’œuvre avant de la peindre
4. Préparation → Rituel et mise en condition
5. Premières couches → Poser les fondations
6. Construction → Superposer, ajuster, écouter
7. Finitions → Les détails qui font vibrer
8. Contemplation → Vivre avec l’œuvre terminée
Ce processus prend plusieurs semaines à plusieurs mois selon l’œuvre. Il n’est jamais le même deux fois. Chaque toile a son propre rythme, ses propres exigences, ses propres surprises.
Ce que je sais, c’est que je ne peux pas le forcer. L’art ne se commande pas. Il se laisse venir. Mon travail, c’est de créer les conditions pour qu’il puisse émerger — et d’avoir le courage de suivre où il me mène.
Envie de Voir le Résultat de Ce Processus ?
Chaque édition limitée ArtByABD est née de ce processus intime — des semaines de silence, d’observation, de superposition, de finitions minutieuses. Signées, numérotées, certifiées.
Pour Aller Plus Loin
- Le processus technique de fabrication des éditions limitées — numérisation, impression Giclée, signature, certification
- Mon univers artistique : mémoire et émotion — ce qui nourrit ma création
- Différence entre œuvre originale et édition limitée — comprendre la valeur de chaque format
— Abdoul, ArtByABD






Encore tout mon respect pour le travail et le souci du détail sur cette œuvre.
Je vous informe que j’ai bien réceptionné le colis et je vous remercie pour la beauté de votre travail.
C’est la quatrième toile que je prends chez Abdoul. C’est un plaisir de découvrir ses travaux et de donner du cachet à mon salon.
Ce tableau est magnifique et très précis dans les détails. Je suis vraiment tombée amoureuse de ce tableau et mes enfants sont aussi ravis de ce tableau dans notre intérieur. Il détaille à merveille des éléments de vie en Afrique. J’aime beaucoup ce tableau. Merci pour ce petit bijou
Waouh